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Procès Gbagbo-Blé Goudé: Brédou M’bia déjoue les pièges de Bensouda et affaiblit l'accusation

Le 33è témoin de l’accusation a poursuivi sa déposition hier lundi 20 février 2017, devant la chambre I de la Cour Pénale Internationale. Après l’interrogatoire du témoin par Eric Mac Donald, le substitut de Fatou Bensouda, l’équipe de la défense du président Gbagbo a procédé au contre-interrogatoire de l’ancien patron de la police nationale.



Juge-président : Bonjour à tous, le procureur va poursuivre l’interrogatoire du témoin. Nous avons  deux heures de volet d’audience aujourd’hui, alors j’aimerais dire  au procureur que plus il sera  bref, plus le témoin pourra répondre facilement aux questions. D’ailleurs, c’est pour cela qu’il est ici. Je demande aux parties de ne pas intervenir de façon excessive afin que le témoin puisse témoigner rapidement. Vous avez la  parole monsieur le procureur.
Mac Donald : Bonjour madame et messieurs les juges.  J’aimerais tout simplement revenir sur la question des grenades. Les grenades MP7, savez-vous les caractéristiques ?
Brédou M’bia :   Ce sont des grenades lacrymogènes.
Mac Donald : Et les grenades HG84 ?
Brédou M’bia : J’avoue que je ne connais pas ce type de grenades.  Ce sont les spécialistes qui peuvent vous dire avce précision ses caractéristiques.
Mac Donald : Et si je vous suggère que les HG84 sont des grenades explosives. Est-ce que ça peut vous dire quelque chose ?
Brédou M’ bia : Non, ça ne me dit rien et comme je vous l’ai dit, ce sont les spécialistes qui peuvent vous répondre.
Mac Donald : Poursuivons avec la sécurisation d’Abobo PK18. Le vendredi, vous nous avez dit qu’il y a eu plusieurs opérations de sécurisation  à Abobo PK 18. Est-ce que vous vous rappelez les dates de ces opérations ?
Brédou M’ bia : Je ne peux pas me rappeler des dates, mais je sais qu’il y a eu des opérations de sécurisation à Abobo.
Mac Donald : Alors, je vais appeler le document 00451429. Monsieur le témoin, vous rappelez-vous avoir vu ce document ?
Brédou M’ bia : Oui, je me rappelle avoir vu ce docuement.
Mac Donald : Il y semmble mentionner qu’une opération a débuté le 11 janvier 2010 aux environs de 7h du matin.
Mac Donald : Tout à fait, c’est bien à 7h du matin.
Mac Donald : Et à la dernière page, on voit le nombre de FDS impliquées, environ 774 éléments. Est-ce que vous vous rappelez le but  de cette opération ?
Brédou M’bia: C’était pour chercher des armes, des grenades et des munitions.
Mac Donald : Dans le jargon, est-ce que c’était une opération coup de poing ?
Brédou M’bia: Non.
Mac Donald : C’est quoi une opération coup de poing.
Brédou M’bia: Une opération coup de poing, c’est comme une opération de recherche, pour interpeller des individus.
Mac Donald : Nous avons vu le vendredi que suite à l’opération du 11 janvier, un couvre-feu a été instauré. Est-ce que vous vous rappelez si le chef d’Etat major s’est adressé à la nation sur les antennes de la RTI au sujet du couvre-feu et de la sécurisation d’Abobo?
Brédou M’bia: J’avoue que je ne me rappelle pas.
Mac Donald : Durant la période de novembre 2010 à avril 2011, avez-vous rencontré M. Charles Blé Goudé ?
Brédou M’bia: Je n’ai jamais eu de séance de travail avec M. Charles Blé Goudé.
Mac Donald : Rappelez-vous avoir rencontré le président de la République, M. Gbagbo, le 12 janvier 2011 à sa résidence?
Brédou M’bia: Oui, je l’ai rencontré, mais je ne me rappelle plus la date.
Mac Donald : Est-ce que d’autres personnes étaient présentes à cette rencontre?
Brédou M’bia: Je ne sais pas si c’est à cette date, mais nous avons renontré le président de la République, il y avait le ministre de la Jeunesse, le ministre des Affaires étrangère, de l’Intérieur, le ministre de la Défense et les grands commandements.
Mac Donald : Vous rappelez-vous de ce dont vous avez discuté ?
Brédou M’bia: Non, nous n’avons pas discuté, nous sommes venus faire une proposition.
Mac Donald : Vous rappelez-vous la longueur de cette rencontre ?
Brédou M’bia: Non, je ne peux pas me rappeler.
Mac Donald : Quelle était votre proposition ?
Brédou M’bia: Notre proposition était si possible de se retirer.
Mac Donald : Quand vous dites, ’’se retirer’’, que voulez-vous dire par là ?
Brédou M’bia: C'est-à-dire qu’après l’élection, il est indiqué qu’il n’a pas gagné donc, on souhaite qu’il ne continue  plus d’exercer la fonction de chef de l’Etat pour éviter les difficultés.
Mac Donald : Donc vous dites avoir eu une rencontre avec M. Gbagbo pour lui demander de se retirer ?
Brédou M’bia: Je confirme.
Mac Donald : Mais vous ne vous rappelez plus quand ?
Brédou M’bia: Non, je n’ai pas la date exacte.
Mac Donald : Combien de rencontres avez-vous eues à la résidence avec la haute hiérarchie, en présence des généraux  et des ministres, à partir de janvier et d’avril?
Brédou M’bia: Je ne peux pas me rappeler le nombre.
Mac Donald : Et quelle a été  la réponse de M. Gbagbo ?
Brédou M’bia: Il ne nous a pas donné de réponse. Il a dit ’’ j’ai compris’’.
Mac Donald : Quelle a été la réaction de M. Gbagbo à cette demande ?
Brédou M’bia: Je vous ai dit ce qu’il a répondu, mais je ne sais s’il a eu une autre réaction.
Mac Donald : Avant de vous rendre à sa résidence pour lui demander de se retirer, est-ce qu’il y avait une rencontre préalable de la haute hiérarchie des FDS?
Brédou M’bia: Tout à fait. Il y avait eu une rencontre avant qu’on se rende à la résidence.
Mac Donald : A quel endroit ?
Brédou M’bia: A l’état major des armées.
Mac Donald : Qui étaient présents ?
Brédou M’bia: Tous les grands commandements étaient présents.
Mac Donald : Y avait-il des autorités civiles, membres de cabinets ?
Brédou M’bia: Non, c’était une réunion à l’état major, donc il n’y avait pas de civils.
Mac Donald : Et cette décision était-elle unanime ?
Brédou M’bia: Tout à fait. D’ailleurs, c’était la deuxième rencontre. Lors de la première rencontre, c’était le chef d’état major,      Philipe Mangou qui est parti seul et nous n’avons pas eu de suite. C’est pourquoi, tout le grand commandement a demandé à aller voir le président de la République. Donc c’est une décision unanime, c’est vrai qu’un sur l’ensemble n’était pas d’accord, mais il revient que c’est unanime.
Mac Donald : Que veut dire ’’un sur l’ensemble’’ ?
Brédou M’bia: C’est-à-dire que lorsqu’on avait décidé d’aller voir le chef de l’état, le général commandant supérieur de la gendarmerie ne voulait pas y aller, mais à la dernière minute, il s’est rallié et on est parti.
Mac Donald : Est-ce que vous vous rappelez pourquoi le général commandant supérieur de la gendarmerie ne voulait pas y aller ?
Brédou M’bia: J’avoue qu’il n’a pas donné d’explication à ce sujet.
Juge-président : Qui étaient les différents chefs qui ont fait cette demande ? Je souhaite connaitre leurs noms et les corps auxquels ils appartenaient ?
Brédou M’bia: Il y avait le chef de la police, le chef de la gendarmerie, le chef des forces armées de Côte d’Ivoire et le commandant du CECOS. Nous quatre, nous avons été nommés par le chef de l’Etat.
Mac Donald: Juste pour confirmer. Il y avait donc les généraux Djê Bi Poin,  Philipe Mangou, Kassaraté et vous-même. C’est exact ?
Brédou M’bia: Je confirme.
Mac Donald: Outre, vous quatre, y avait-il d’autres généraux des FDS à l’état major?
Brédou M’bia: Non, ce sont les plus importants que j’ai cités.
Mac Donald: Le général Déto Letho était-il présent ?
Brédou M’bia: Je vous réponds pour dire qu’il était collaborateur du chef d’état major. A ce titre, si le chef d’état major a donné sa position, cétait comme si le général Déto Létho n’existait pas.
Mac Donald: Monsieur le témoin, il est important de savoir qui était présent. Même si ce sont des collaborateurs. Alors, on aimerait savoir si le général Déto Létho était présent ?
Brédou M’bia: Généralement, il est présent, mais ce jour, je ne peux pas vous dire avec exactitude s’il était présent.
Mac Donald: Le général Vagba Faussignaux ?
Brédou M’bia: Oui, lui, il était là.
Mac Donald: Le général Dogbo Blé ?
Brédou M’bia: Non.
Mac Donald: Le commandant Boniface Konan ?
Brédou M’bia: Je ne me rappelle pas non plus.
Mac Donald: Est-ce que vous vous rappelez si c’était avant ou après que l’Union africaine ait appuyé M. Alassane Ouattara ?
Brédou M’bia: Non, je ne me rappelle pas exactement.
Mac Donald: Est-ce que vous savez si c’était vers janvier ou la fin de la crise ?
Brédou M’bia: Je ne peux vous dire avec exactitude.
Mac Donald: Et cette rencontre avec le président a eu lieu où ?
Brédou M’bia: La rencontre a eu lieu à sa résidence privée.
Mac Donald: Avez-vous déjà rencontré le président au palais présidentiel ?
Brédou M’bia: Oui, chaque fois qu’il y a des rencontres, ça se passe au palais présidentiel.
Mac Donald: Et cette rencontre au cours de laquelle, vous lui avez demandé de se retirer a eu lieu à la résidence privée ?
Brédou M’bia: Ce n’est pas nous qui fixons les lieux du rendez-vous. Nous demandons un rendez-vous, et s’il veut nous recevoir à la résidence privée, nous y allons, si c’est au palais, nous y allons aussi.
Mac Donald: J’aimerais vous montrer une vidéo. C’est la vidéo 00640010. (La vidéo est un reportage de la RTI sur la rencontre entre le président Laurent Gbagbo et le grand commandement des FDS). Est-ce que c’est à cette rencontre que vous faites allusion ?
Brédou M’bia: Il s’agit de deux rencontres différentes. Au cours de cette rencontre que vous avez montré dans la vidéo, le chef de l’Etat voulait plutôt avoir un compte-rendu, après les attaques des positions des FDS. C’est différent de la recontre pendant laquelle nous lui avons demandé de se retirer. C’est nous qui avons demandé à le rencontrer et ça m’étonnerait fort que ça soit médiatisé.
Mac Donald: Lors de cette rencontre avec M.Gbagbo, y a-t-il eu des mesures qu’il a prises sur la question de la sécurisation d’Abobo ?
 
Brédou M’bia: Il n’y a pas eu de mesures particulières. Je l’ai dit la semaine dernière, mais vous n’avez pas voulu prendre ça en considération. J’ai dit que beaucoup de policiers, gendarmes et militaires ont été tués à Abobo-gare. Et c’est pour cette raison que le chef suprême de l’armée a voulu comprendre ce qui se passe.  Il n’y a pas eu de mesures particulières. Le chef d’état major a pris les dispositions pour que l’armée puisse prendre le devant des opérations à Abobo-gare.
Mac Donald: A-t-il été question avec lui de déclarer Abobo comme zone de guerre, lors de cette réunion ?
Brédou M’bia: J’ai déjà répondu  à cette question. J’ai dit que j’ai fait un message qu’il y avait un couvre-feu à Abobo-gare et c’est un de mes collaborateurs qui avait assisté à une réunion à l’état major qui m’a fait le compte-rendu en disant qu’Abobo a été déclaré zone de guerre. Et je ne pense pas que le décret signé par le chef de l’Etat déclarait Abobo zone de guerre.
Mac Donald: A-t-il été question lors de cette rencontre de M. Kouyaté Youssouf ?
Brédou M’bia: Je ne sais pas si c’est à cette rencontre, mais à plusieurs réprises, il m’a été donné instruction de le faire partir de son poste, le commissaire principal à l’époque, Kouyaté Youssouf. Mais je ne pense pas que c’était à cette rencontre, parce que Kouyaté Youssouf est parti de son poste, le 11 janvier 2011 et cette rencontre dont vous parlez a eu lieu le 12 janvier.
Mac Donald: Kouyaté Youssouf était adjoint du préfet d’Abidjan, chargé de la sécurité, si je ne me trompe ?
Brédou M’bia: Oui, effectivement, Kouyaté Youssouf était le second du préfet d’Abidjan.
Mac Donald: Qui vous a demandé qu’il soit démis de ses fonctions ?
Brédou M’bia: J’ai dit plusieurs personnes me l’ont demandé. Evidemment, le président lui-même avait demandé qu’il soit rélévé de ses fonctions en présence du ministre de l’Intérieur.
Mac Donald: Qui vous a demandé en premier de le démettre de ses fonctions ?
Brédou M’bia: Il y a des collaborateurs du président qui m’avaient appelé au téléphone pour qu’il soit démis de ses fonctions.
Mac Donald: Des noms, monsieur le témoin.
Brédou M’bia: Feu Ahouman Antanaël et  le général Dogbo Blé, avant que le président lui-même ne donne les intructions.
Mac Donald: M. Ahouman était responsable de quel service ?
Brédou M’bia: Il était responsable de la sécurité présidentielle.
Mac Donald: Vous rappelez-vous si le ministre  de l’Intérieur  vous a demandé de le démettre ?
Brédou M’bia: Je vous dis que quand le président  m’a donné instruction de démettre le commissaire Kouyaté Youssouf de ses fonctions, c’était en présence du ministre.
Mac Donald: Pourquoi M. Dogbo Blé vous demande de le démettre de ses fonctions ?
Brédou M’bia: Les trois personnes m’ont demandé de le démettre de ses fonctions pour la même raison.  Pendant la période de guerre, le commissaire Kouyaté avait perdu son père à Bouaké. Il n’a pas pu se rendre aux obsèques de son père et il a été représenté par  le commandant Chérif Ousmane, un chef de guerre de Bouaké. Donc, ils établissent une rélation entre Kouyaté Youssouf et  Chérif Ousmane. Voilà la raison qui m’a été donnée.
Mac Donald: Donc Chérif Ousmane est un rebelle ?
Brédou M’bia: Tout à fait.
Mac Donald: Quand M. Ahouman vous a demandé de le congédier, l’avez-vous fait ?
Brédou M’bia: Non, Ahouman n’est pas mon chef hiérarchique.
Mac Donald: Quand Dogbo Blé vous a demandé de le démettre, l’avez-vous fait ?
Brédou M’bia: Non, je rappelle que les deux ne sont pas mes chefs hiérarchiques.
Mac Donald: Y avait-il une raison pour laquelle ne l’avez-vous pas fait ?
Brédou M’bia: Non. La preuve, quand le président de la République a donné des instructions  devant le ministre de l’Intérieur, cela a été fait. D’ailleurs, je précise que c’est un arrêté ministériel qui l’a fait partir.
Mac Donald: Monsieur le président, je vais rafraichir la mémoire du témoin en présentant un document. Selon ce document qui est votre déclaration, Kouyaté Youssouf n’a pas commis de faute. C’est bien ça ?
Brédou M’bia: Je confirme.
Mac Donald: Quand le président de la République vous demande de le démettre, c’est à ce moment qu’il est démis. C’est exact ?
Brédou M’bia: Je confirme.
Mac Donald: Je vais changer de régistre. Est-ce que pendant la crise post-électorale, il y avait des miliciens au sein de la police ?
Brédou M’bia: Je peux vous dire qu’il n’y avait pas de milice au sein de la police.
Mac Donald: Y avait-il des miliciens intégrés dans la police et qui participaient aux opérations de la police ?
Brédou M’bia: Je répète ma réponse, il n’y avait pas de miliciens faisant partie de la composition de la police.
La greffière d’audience : M. le président, nous sommes en audience publique.
Juge-président : Je pense que vous devriez poser des questions sur ce sujet.
Mac Donald : Avez-vous eu connaissance par quelques voies que ce soit d’un appel de M. Blé Goudé, fin février, à protéger les quartiers.
Brédou M’bia : J’avoue je ne me rappelle.
Mac Donald : J’appellerai la pièce 00450135. Est-ce que vous voyez la pièce devant vous ?
Bredou M’bia : Rien du tout.
Mac Donald : Vous ne pouvez pas voir parce qu’on remonter jusqu’un plus haut. Il y a une date du 4 mars 2011, 19h44, préfet de police d’Abidjan. Et bien si on pouvait montrer l’image ? Il s’agit bien d’un document de la police ?
Bredou M’bia : Tout à fait. Il s’agit bien d’un document de la police.
Mac Donald : Je vais lire juste pour les fins du dossier. Je lis sur la première page 0135 «J’ai l’honneur de vous rendre compte que les rapports reçus de nos collaborateurs, chefs d’arrondissements, des infractions ont été constatées au cours des contrôles effectués par les populations par les barrages posés à l’intérieur des quartiers. En effet, suite à l’appel du ministre Blé Goudé, des barrages ont été posées dans les quartiers aux fins  de sécurisation. Malheureusement au sein des populations en charge de ses barrages, se trouvent des délinquants qui commettent des infractions. D’autres formes d’infractions ont été constatées en marge de cette crise ». Est-ce qu’on vous a rapporté le type d’infraction qui était commise à ces barrages tenus suite au mot d’ordre de M. Blé Goudé ?
Bredou M’bia : C’est sont les infractions qui m’ont été rapportées.
Mac Donald : Je vais attirer l’attention de la chambre sur la pièce à la page 0137 et par la suite les détails et je cite « De mêmes les cas de personnes tuées et brûlées à Yopougon ont été perpétrés par des individus qui ont érigé des barrages d’auto-défense. Au quotidien, ces violations infractionnelles graves continuent d’être perpétrées dans différentes zones ». Est-ce qu’effectivement il vous a été rapporté que des gens ont été brûlées vives ?
Bredou M’bia : oui, c’est des rapports de mes collaborateurs.
Mac Donald : Je vais aller directement à la pièce 00450127. Avez-vous déjà vu ces documents ?
Bredou M’bia : Vous m’avez déjà posé la question. J’ai dit oui, je confirme7.
Mac Donald : Je veux juste aller à la page suivante : 0128 et il y a un commentaire que je vais lire. « Tous ces abus ont pour conséquences de dévoyer la noble action des groupes d’auto-défense qui essayent de répondre à l’appel du ministre Charles Blé Goudé à l’intrusion des combattants rebelles dans le district d’Abidjan en général et dans la commune de Yopougon en particulier » Suggestion. Il serait souhaitable que ces jeunes soient répertoriés et rattachés à des barrages bien précis et soutenus par un encadrement adéquat, intéressés pour éviter le racket. Est-ce qu’effectivement des mesures ont été mises en place dans ce sens, à votre connaissance ?
Brédou M’bia : Aucune mesure dans ce sens n’a été prise.
Mac Donald : Passons maintenant aux évènements du 3 mars 2011, il y a eu mort de sept (7) femmes à Abobo.
Juge-président : Que s’est-il passé ?
Mac Donald : Je voulais reformuler la question, M. le président.
Juge-président : Oui mais le mal est déjà fait. Ecoutez enfin, rien ne semble clair dans ce procès. Il faut faire très attention.
Mac Donald : Avez-vous eu vent d’un incident qui s’est passé le 3 mars 2011 à Abobo.
Brédou M’bia : Je voudrais préciser que de la période de novembre à mars, la police n’existait plus  à Abobo. J’ai eu vent, pour répondre à votre question de cet évènement.
Mac Donald : Qu’avez-vous appris ?
Brédou M’bia : Vous-même vous l’avez dit déjà qu’il y a eu mort de femmes à Abobo.
Mac Donald : où étiez-vous lorsque vous l’avez appris ?
Brédou M’bia : J’ai eu l’information à l’état-major parce que le chef d’état-major lui-même voulait comprendre ce qui s’est passé. Et à une réunion, nous avons eu l’information.
Mac Donald : Qu’avez-vous eu comme information ?
Brédou M’bia : Je redis ce que j’ai dit tout à l’heure. Il y a eu mort de femmes à Abobo gare.
Mac Donald : Est-ce que vous avez eu des détails des véhicules impliqués dans l’incident ?
Brédou M’bia : Non. Comme je le disais tout à l’heure, la police n’existait plus et n’avait plus compétence sur le territoire d’Abobo.
Mac Donald : Alors je voudrais vous rafraîchir la mémoire. Je vais attirer votre attention aux pages 0014-0326 plus spécifiquement la page 0338 à partir de la ligne 46 à la ligne 461.
Me Lawqui : M. Mac Donald, M. le président, je crois qu’il y a un problème. Selon mes notes, cette partie doit être abordée en huis clos partiel pour des raisons touchant à la responsabilité des supérieurs hiérarchiques.
Juge-président : Très bien. C’est que procédons à cet exercice.
La greffière d’audience : M. le président, nous sommes en audience publique.
Juge-président : Je vous remercie. M. le procureur.
Mac Donald : Alors j’aimerais appeler la pièce 00481348. Il s’agit d’une note à l’attention de M le ministre de l’Intérieur et l’objet c’était « synthèse des bulletins quotidiens d’informations pour la période du 16 au 21 mars 2016. Première question : est-ce que vous reconnaissez ce genre de document ?
Brédou M’bia : Tout à fait. C’est un document de la police.
Mac Donald : Parce qu’évidemment ici il n’est pas daté. Il fait référence à une période et il n’est pas signé non plus. Est-ce que c’est exceptionnel ça ?
Brédou M’bia : Peut-être que vous pouvez poser la question à celui qui vous a donné parce que si le document n’a pas été signé, c’est qu’il a été rédigé et n’a pas pu être envoyé au ministre. Moi je ne sais pas qui vous a donné ce document.
Mac Donald : Mais c’est un document que vous avez déjà constaté à savoir les BQI de synthèse.
Brédou M’bia : Tout à fait. C’est pour ça que je dis je reconnais.
Mac Donald : J’attire l’attention de la Chambre à la page 1349 entre n°3. Je vais lire « Assassinat de l’imam de la grande mosquée de Port-Bouët 2. Est-ce que vous vous rappelez de cet instant ?
Me Gbougnon : M. le président, J’ai problème lorsque le procureur continue de poser des questions sur le document parce que le témoin dit à la page 46 ligne 23 et je cite  « peut-être que vous pouvez poser la question à celui vous l’a donné parce que ce document si ça n’a pas été signé, ça veut dire qu’il a été rédigé et n’a pu être envoyé au ministre » fin de citation. Je suis étonné qu’on continue de poser des questions au témoin qui dit qu’il peut le reconnaitre dans la forme mais s’il n’est pas signé le procureur doit poser les questions à celui qui le lui a remis. Je pense que les choses sont assez claires.
Mac Donald : C’est un document de la police. Il y a une date, on a entendu également comment les BQI étaient envoyés quotidienne au ministre. En conséquence je rafraîchir la mémoire au témoin au sujet de cet incident M. le président. Ce qui nous intéresse c’est la teneur du document. Et c’est en tenant compte de la teneur du document que nous allons poser les questions au témoin évidemment.
Juge-président : Lorsque le témoin a dit que vous pourriez poser la question à celui qui vous l’a donné parce qu’il n’est pas signé parce que je n’en  sais rien. La question est qu’il n’y a pas de date précise, de période précise. Comme c’est un document de la police, je crois qu’il peut répondre.
Mardi 21 Février 2017


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