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Célébration de fête de Noël : Mgr Kutwa et des hommes de Dieu ouvrent le feu sur le régime

A peine le réveillon de Noel s’ouvre que le régime d’Alassane Ouattara respire sous les feux des critiques du Prélat ivoirien. En témoignent les déclarations des hommes de Dieu faites contre le régime d’Abidjan



La joie absente sur les visages. Les cadeaux  massés dans les magasins faute de moyens financiers et les poulets quasi inaccessibles tellement les prix sont passés du simple au double. C’est dans cette atmosphère du reste affligeante que le Cardinal Jean Pierre Kutwa a exhorté, à l’occasion de la fête de Noël, les chrétiens, mais surtout les hommes politiques et ses confrères guides spirituels à « repousser les ténèbres de la division, de la haine et à cultiver la réconciliation ». Aux leaders politiques, l’Archevêque d’Abidjan rappellera que leur activité sera plus aisée que si elle rencontre des cœurs apaisés et réconciliés, avec eux-mêmes et avec les frères et sœurs des autres partis et groupements politiques.
Le premier chrétien catholique des Ivoiriens a voulu passer son message dans toutes les paroisses de l’archidiocèse au cours des messes du samedi et dimanche, rappelant ainsi au régime, mais également aux millions de fidèles: « Et le verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire. Prions afin que cette gloire illumine nos vies et notre pays, qu’elle repousse loin derrière nous les ténèbres de la division, de la haine et nous apporte la lumière du pardon, de la réconciliation et de la paix par l’intercession de la Vierge Marie et Saint Paul ».

Quant Abekan rappelle à l’ordre les tenants du pouvoir

De son côté, le père Norbert Abekan a lancé une véritable invitation à l’amour et au partage. Dans un monde où Dieu n’existe pas, c’est la violence. Mieux, l’homme de Dieu a invité à un véritable dialogue entre hommes politiques, au delà des religions et des idéologies. C’était à la Paroisse Notre Dame de la Tendresse de la Riviera Golf, en présence de l’épouse du Chef de l’Etat Alassane Ouattara et de la Grande Chancelière de l’ordre National, madame Henriette Dagri Diabaté.
Il est bon de rappeler que ce n’est pas la première fois que les hommes de Dieu de l’Eglise catholique s’adressent ainsi aux tenants du pouvoir. Le 10 mai 2015 à Taabo, dans le diocèse d’Agboville, et ce, au terme de 99è Assemblée plénière de la Conférence, les Pères, Archevêques et Evêques catholiques de Côte d’Ivoire ont produit un communiqué dans lequel ils ont interpellé les dirigeants ivoiriens sur la grave menace qui plane sur la Côte d’ivoire. Pour eux, la Côte d’Ivoire risque de plonger à nouveau dans le chaos à cause "des mensonges qui ont été semés dans la vie socio-politique de la nation. Mais aussi les rancœurs, les tensions, les frustrations, les traumatismes et la pratique du rattrapage ethnique sont toujours présents. Aussi parce que le pouvoir et l’opposition continuent de se défier. L’on reste toujours arc-bouté à son appartenance régionale, tribale ou ethnique."
L’Eglise catholique pense qu’une vraie réconciliation nécessite un certain nombre de conditions dont la rencontre entre les leaders politiques, l’unité au sein de chaque parti politique, le désarmement, la vérité, une justice équitable et le pardon. Les Evêques de croire que ces conditions n’ont jamais été réunies, faisant ainsi référence à la bible qui commande une réconciliation. « Si ton frère a quelque chose contre toi…va d’abord te réconcilier avec lui et viens… » (Mt 5,23-24). Pour le Prélat donc, une vraie réconciliation exige une rencontre entre les belligérants d’hier. « C’est pourquoi nous souhaitons vivement que tous les leaders politiques se rencontrent et fassent la paix ».
En sus, ajoutent les hommes de Dieu, il faut une véritable justice. « Il faut une justice équitable dans la crise ivoirienne. Des crimes ont été commis dans les deux camps. Une justice équitable devrait juger les coupables de l’un et l’autre camps ».
Pour Mgr Ignace Bessi Dogbo, Evêque de Katiola, qui s’exprimait le dimanche 22 mai 2016 depuis la Basilique notre Dame de la Paix de Yamoussoukro, il faut absolument libérer les prisonniers pro-Gbagbo. « La réconciliation nationale naturellement exige la libération des prisonniers pro-Gbagbo dans le cadre de la crise post-électorale ». il ajoute que pour ce qui concerne ce conflit, personne ne peut se dire qu’il est innocent. « Pour se réconcilier il faut être libre, pour être libre, il faut avoir la faculté d'aller et de venir sans être inquiété ».
Pour rappel, des  dizaines de milliers de chrétiens de même que les Evêques ivoiriens s’étaient réunis, samedi 21 mai 2016, à la basilique Notre-Dame de la Paix de Yamoussoukro, la capitale politique et administrative, dans le centre du pays, pour le "pèlerinage national" lancé dans le cadre du Jubilé de la Miséricorde, une année sainte ouverte le 8 décembre par le pape François. C’est donc dans ce cadre que ces milliers de chrétiens ont donné la position de l’église catholique concernant la question des prisonniers pro-Gbagbo et celle de la réconciliation nationale. Et pour clore la série des hommes de Dieu qui n’apprécient guerre la gestion de la crise post-électorale par le régime ivoirien, il importe de relever la position des Evêques de Côte d’ivoire quant à l’intégration de Mgr Paul Siméon Ahouana dans la CONARIV, une structure chargée de la réconciliation et des indemnisations des victimes de la crise post-électorale. La Conférence des Evêques catholiques de Côte d’Ivoire s’est publiquement désengagée des nouvelles fonctions de Mgr Paul Siméon Ahouana, président de la Commission Nationale pour la Réconciliation et l’Indemnisation des victimes. « Les Archevêques et Evêques de Côte d’Ivoire tiennent à informer les membres du clergé, les religieux, les religieuses et les fidèles laïcs qu’ils n’ont été associés ni de près ni de loin par leur confrère à cet engagement. C’est pourquoi dans l’esprit du Canon 285 du Code de Droit Canonique de 1983, ils tiennent à préciser qu’ils ne sont pas comptables des actes qu’il posera dans l’exercice de sa nouvelle charge à la tête de la CONARIV», indiquait le communiqué de la 101ème assemblée plénière de la conférence des évêques qui a eu lieu du 5 au 10 mai dernier dans la localité de Taabo. Une déclaration qui met à l’index la gestion de la crise post-électorale par le régime ivoirien. Selon le paragraphe 3 de l’article 285 du code du droit canonique, « il est interdit aux clercs de remplir les charges publiques qui comportent une participation à l'exercice du pouvoir civil ». Or justement, cette fonction de président de la CONARIV fait de Mgr Ahouana un acteur impliqué dans la gestion du pouvoir civil. Toute chose qui a amené les évêques ivoiriens à se désengager de lui, et par ricochet, à condamner cette autre façon de mener la réconciliation nationale.


Mercredi 28 Décembre 2016


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